Faites les fousEclatez-vous,
Mais surtout,
Protégez-vous!
Faites les fous
Comment imaginer qu'une société sacrifie un nombre énorme d'emplois et plonge ainsi ces travailleurs dans l'impuissance et le désarroi? Ca semble incroyable dans nos vies faites de
confort et de stabilité. Notre société se bat depuis plus d'un siècle pour obtenir les droits des travailleurs. Pour qu'ils aient plus de poids face à leur employeur. Pourtant, malgré tous les
efforts fournis à cet égard, face à une restructuration massive, le travailleur ne peut rien. Renault Vilvorde et VW Forest en Belgique, ou encore Alcatel et Seb en France, en sont de bien
tristes exemples.
Perspective historique des acquis sociaux
Il n'y a pas si longtemps, cependant, le travailleur ne jouissait d'aucune couverture sociale en cas de problème. Que ce soit en matière de maladie ou d'inactivité, il devait trouver une
situation lui-même à sa situation. Le paternalisme étatique n'existait pas encore et, en réalité les autorités ne se souciaient pas des petits travailleurs. Cependant, suite à l'apparition des
syndicats à la fin du XIXème siècle, les conditions de travail se sont petit à petit améliorées et on a pu assister à une prise de conscience politique qui a mené au progrès social dans des
matières diverses: accident du travail, droit de grève, âge minimum et maximum, limitation du temps de travail, conventions collectives de travail, congés payés et congés de maladie, salaire
minimum garanti...
Comment ca se passe en Belgique...
Cependant, en matière de restructuration, les lois sont bien plus récentes. C'est en effet, pour une grande part, le contexte de mondialisation actuelle qui pousse un employeur à pratiquer un
licenciement collectif pour cause économique. En Belgique, après la restructuration de Renault Vilvorde, les autorités belges ont adopté la loi Renault. Cette loi du 13 février 1998 a pour objet
d'instaurer une procédure d'information (rapport de l'employeur) et de concertation des travailleurs, notamment en cas de licenciement collectif et de mettre en place un régime de sanctions
civiles. Elle fait partie d'un ensemble de réglementations qui s'appliquent aux licenciements collectifs ou aux fermetures d'entreprises. Cette loi n'est donc pas de nature à empêcher les
licenciements collectifs, mais elle fixe un cadre de négociations entre les syndicats et l'employeur.
... et en France...
En France, une loi de modernisation sociale du 17 janvier 2002 avait pour but de freiner les décisions de fermeture ou de délocalisation d'usines des entreprises qui n'affichaient pas de réelles
difficultés économiques, mais qui voulaient augmenter leur valeur en bourse. Revisitée, suspendue, partiellement abrogée, cette loi prévoit désormais:
- un renforcement des obligations de gestion prévisionnelle des emplois des entreprises de 300 salariés et plus (information et gestion prévisionnelle);
- la pérennisation des accords de méthode (négociation);
- des délais de recours restreints en cas de contentieux sur le licenciement;
- une convention de reclassement personnalisée à chaque salarié licencié pour motif économique (dans les entreprises de moins de 1.000 salariés);
- l'obligation de revitaliser le bassin d'emploi étendu à tout licenciement collectif affectant l'équilibre du ou des bassins d'emploi (dans les entreprise de plus de 1.000 salariés).
... et du côté de l'Union européenne?
L'Europe a adopté une directive contre les licenciements collectifs en mars 2002. Cette directive enjoint les Etats membres de renforcer les dispositions qui obligent les entreprises de plus de
50 employés à informer les salariés de l'évolution prévisible de l'emploi au sein de l'entreprise, pour prévenir le risque de fermeture ou aménager la formation et la réinsertion des salariés en
cas de perte d'emploi.
Par ailleurs, le 1er mars 2006, la Commission européenne a proposé la création d'un «fonds européen d'ajustement à la mondialisation» (FEM) destiné à aider les travailleurs de l'Union qui
seraient victimes des délocalisations.
En guise de conclusion
On le voit, face à de telles décisions, l'Etat est impuissant. Il peut prévoir des mesures pour informer le travailleur avant le licenciement collectif et adopter des mesures de réinsertion sur
le marché du travail, mais il ne peut ordonner aux entreprises de redresser leur production ou de ne pas partir ailleurs... De ce côté-là, c'est plutôt vers un comportement éthique de l'employeur
qu'il faudrait pouvoir se tourner... mais la loi des chiffres n'a pas de sentiments... :-(
AtTeNtIoN À La mArChE!
Certains criminels ont eu un impact très important sur la façon de penser les lois pénales. Les enquêtes qui ont été menées à leur sujet ont en effet eu pour conséquence de dénoncer les
manquements du législateur qui a dès lors été contraint d'y remédier.
En Belgique, l'affaire Dutroux et ses ramifications a été le moteur d'une réforme en profondeur de la justice. A cette occasion, le statut de la victime, la recherche proactive, les relations
entre la police et les instances judiciaires et le rôle de la Chambre des mises en accusation ont, entre autres, été modifiés.
En France, l'affaire du "tueur de l'Est parisien" a permis à la justice française d'avoir à sa disposition un fichier regroupant les empreintes génétiques des déséquilibrés sexuels et des
personnes liées à des affaires de moeurs.
Le cas de la Norvège est également singulier. A la fin des années 80, cet Etat a dû cadenasser de façon beaucoup plus stricte son système carcéral, suite à trois évasions amplement relayées par
les média. Ceci d'autant plus que la troisième de ces escapades s'est soldé par un viol suivi d'un meurtre.
Dans les années 80 également, l'Espagne et le Royaume-Uni ont renforcé leur législation pénale à l'égard des coupables d'actes terroristes. La seule raison de ce renforcement: neutraliser la
vague d'attentats qui sévissait alors dans ces deux pays en particulier. C'est d'ailleurs le même schéma qui s'est reproduit en Europe et ailleurs, après les attaques musclées du 11 septembre
2001 sur le sol américain.
Tous ces faits criminels ont donc rattrapé la loi. Ils ont également déclenché une prise de conscience collective des disfonctionnements d'une justice qui se doit d'évoluer avec sont temps.
En conclusion, une petite phrase prononcée par Jean-Louis Nadal, Procureur Général près la Cour de cassation française: on peut "identifier derrière chaque réforme pénale, un fait divers ou une
procédure judiciaire"*. Le législateur doit donc, inexorablement et sans relâche, courir derrière les assassins, de la même manière que le gendarme sera toujours derrière le voleur.
AtTeNtIoN À La mArChE!
*Cycle Procédure pénale 2006, Deuxième conférence, Qui inspire les réformes pénales ? (23 février 2006), Mots d'accueil de Jean-Louis Nadal, Procureur Général près la Cour de
cassation
Amis bloggers, bonjour!
J'ai créé ce blog car j'adore jouer au reporter. Seulement voilà, comme on dit, chacun son métier. Je laisse donc le vrai boulot, aux vrais journalistes et je me contente de poster quelques
articles sur des sujets qui m'intéressent ou m'interpellent. Le but, plutôt que de faire de l'info rapide, est d'essayer de décrypter et de démaquiller le mieux possible l'actualité dans laquelle
nous vivons...
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