On continue sur la série de la crise financière...
Les banques ont donc revendu des crédits pourris à d'autres banques.
Pour ce faire, elles ont fabriqué des produits de plus en plus complexes (grâce notamment à la technique de titrisation*).
Le tout a généré de juteuses commissions, certes, mais a également fait prendre aux banques des risques énormes: l'équivalent de gros fonds d'investissements ont été créés, avec peu de
capital et beaucoup d'endettement, pour absorber ces titres. Le beurre et l'argent du beurre...
Mais que fait la police
Jusqu'en novembre 1999, aux Etats-Unis, l'interaction entre les banques d'affaires et les banques de dépôt où dorment nos deniers était
interdite et ce, depuis 1933. Ce cloisonnement rendait incompatibles les métiers de banque commerciale (par exemple: Fortis) et de banque d'affaires (par exemple: Lehman Brothers). En gros, les
banques ne pouvaient utiliser les capitaux du public pour financer leurs activités boursières.
La loi américaine a été abrogée, en vue de moderniser les services financiers.
La mesure semblait d'autant plus logique que depuis lors il existe des gendarmes des différentes Bourse (la SEC à Wall Sreet, la CBFA en Belgique, l'AMF en France, le Bafin en Allemagne, le FSA
en Grande-Bretagne) censés contrôler les marchés financiers et les opérations financières. Les banques centrales contrôlent, quant à elles, dans certains pays (pas en Belgique, c'est la CBFA,
mais c'est le cas de la Fed et de la Banque de France), le bon fonctionnement des banques au niveau de leur solvabilité.
Les banques centrales ont donc injecté des liquidités en masse, en échange de dépôts de titres.
Elles ont, en plus, assoupli les garanties qu'elles exigent pour prêter de l'argent aux institutions financières.
Deux stratégies pour éviter une paralysie du marché monétaire qui mettrait en danger le système bancaire et donc l'économie.
En effet, vu que les professionnels se sont ingéniés à trouver des niches de rentabilité dans les secteurs où la réglementation était moins stricte (des failles), les banques centrales n'ont
guère pu agir que de façon désarticulée: la crise financière s'est aggravée de manière dramatique et imprévisible.
Elles tentent donc d'éteindre le feu.
Après, il semble évident que le système de contrôle des banques devra être repensé.
A suivre...
(Crédit photo: commerceinternational.c.o.pic.centerblog.net)
* Il s'agit de porter en titre des créances (les emprunts immobiliers). Dans ce cas, les titres ont été créés afin de pouvoir les échanger sur les marchés interbancaires.
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